L’interview de Myriam, fondatrice de JUSTE La Révolution Textile

Quel est ton métier ?

Difficile de répondre à cette question ! Pendant 10 ans, j’ai été successivement chef de projets culturels à l’Institut franco-japonais de Tokyo, Chef de produit pour une marque française de maille et Chef de projet marketing et communication pour une grande marque japonaise.

Pourquoi, comment l’as-tu choisi ?

C’est très bateau, mais j’ai toujours été attirée par la mode, surtout féminine. J’ai toujours découpé les magazines de mode, fais des cahiers de collages, écrit des articles sur mes « bests » du moment… Au fond de moi, je savais que, même si plein d’autres choses me passionnent comme l’agriculture, la cuisine, le vin ou l’art, il n’y a que dans la mode que j’ai réellement ma place. En fait, c’est plutôt mon métier qui m’a choisi ! Il m’a juste fallu 6 années d’étude, de très nombreux stages et ma première expérience dans la culture pour accepter ma voie et reprendre des études de mode !

Quel est ton parcours ?

J’ai fait des études de japonais et 8 ans plus tard, j’ai intégré l’Institut Français de la Mode (IFM) à Paris qui a été une expérience rude mais formatrice !

Pour quel autre métier tu en changerais ?

Aucun ! C’est mon rêve que je réalise en créant ma marque de vêtement écolo, locale, juste et 100% transparente. Dans cette marque, il y a toutes mes valeurs, mes croyances et l’espoir de voir un monde bouger et se responsabiliser.

Décris-nous ta journée type !

Un des premiers reflexes en me levant est d’allumer mon téléphone et de checker les éventuels mails de mes fournisseurs. La chaîne de production est très compliquée car nous partons du fil, il faut gérer toute la filière, c’est-à-dire une dizaine de fournisseurs pour chaque matière ! Il faut faire les essais de tricotage, de tissage, de teinture, de lavage, de confection,…les suivre et trouver des solutions aux – très nombreux – problèmes que nous rencontrons. Le fait que tous soient en France – sauf la filature mais l’entreprise a un agent français – facilite biensûr les choses. Parfois j’ai des protos à essayer, à mesurer, à laver. C’est la partie la plus amusante. Je suis en contact permanent avec mon associé à qui j’écris des 10aines de mails par jour ! J’ai aussi régulièrement des contacts avec nos prestataires free-lance, la styliste, la personne chargée de la com, des RP, du site… Je suis assez addict de facebook, je suis divers sites et blogs écolo qui sont spécialisés dans tous les domaines possibles. Je déjeune en écoutant la radio, toujours végétarien, des salades composées basiques. L’après-midi, j’ai souvent des RV à l’extérieur pour lesquels je suis malheureusement obligée de prendre ma voiture…J’habite à la campagne, près de Toulouse et les transports en commun sont quasi inexistants ! Le soir, je m’occupe de mes poules, je fais de la méditation ou des exercices de relaxation et je dîne avec mon mari qui adore cuisiner. Nous profitons du beau temps pour dîner dans le jardin et papoter avec les voisins qui passent devant chez nous. Je me couche tôt car j’ai besoin de beaucoup de sommeil pour être de bonne humeur et aussi parce que j’aime bouquiner au lit, des BD ou des romans.

En quoi crois-tu ?

Je crois que l’humanité doit changer ou nous allons droit dans le mur ! Je crois en l’homme et je crois en ses capacités à changer pour vivre en harmonie avec la nature.

Qu’est-ce que tu voudrais voir changer dans le monde ?

Je voudrais que chacun puisse prendre conscience que l’avoir ne rend pas heureux, posséder n’est pas un but en soi. Une vie réussie pour moi est une vie sobre et simple, faite de petits plaisirs et de partage avec les gens qu’on aime. Si tout le monde appliquait le principe de la sobriété heureuse, la planète s’en porterait tellement mieux ! Et les hommes aussi !!
Comme l’explique Yvon Chouinard dans son livre « Un business responsable », quand on fabrique de façon « industrielle », il y a toujours un impact négatif d’énergie, de ressources naturelles,…pour la planète. Mais on doit le faire de façon consciente et en essayant d’utiliser le moins de ressources possibles. Si les entrepreneu-rs-ses appliquaient cette règle très simple, beaucoup moins de ressources seraient gaspillées chaque année. Pour une consommation qui est en plus souvent inutile !

Quelle est la personne qui t’inspire ?

Pierre Rhabi, sans aucun doute. Il incarne la bonté pure, il respire la simplicité et le bonheur. Mais il y a des milliers de personnes qui changent le monde, qui se mettent au service du bien commun ou de la protection de l’environnement. Il suffit de lire le livre « Un million de révolutions tranquilles » de B. Manier pour en prendre conscience !

Quelle est la mode que tu aimes ?

L’ultra basique, le confortable ! Les matières naturelles biensûr et les pièces qu’on peut porter tous les jours et dans lesquelles on se sent bien. Les coupes fluides, les matières réconfortantes comme la laine.

Qu’est ce qui te donne confiance dans l’avenir ?

En fait, l’avenir me terrifie ! J’ai peur que mes (futurs) enfants ou petits-enfants ne connaissent pas les choses simples que j’ai connues dans mon enfance à cause de la dégradation de l’environnement, de la pollution, des pesticides, de l’agriculture et l’élevage intensifs. C’est ce qui me motive à vouloir changer le monde à ma façon !