Patagonia, Un Business responsable

Les leçons tirées de 40 ans d’expérience de Patagonia

Par Yvon Chouinard et Vincent Stanley

« La transparence est la première vertu moderne de tout entreprise responsable »

Patagonia, ce n’est pas uniquement une marque de vêtements biologiques. A ma connaissance, c’est la seule entreprise textile de taille importante à être vraiment responsable, tant au niveau de la fabrication des vêtements que de sa politique interne.

Pour comprendre l’engagement de son PDG, il faut avoir vu la pub qui déclame : « N’achetez pas cette veste » avec la photo d’une polaire Patagonia.

« L’industrie textile est le secteur qui utilise le plus de produits chimiques après l’agriculture et le plus grand pollueur d’eaux douces du monde : 20% de la pollution des eaux d’origine industrielle proviennent des teintures et traitements utilisés dans l’industrie textile »

À l’origine de la marque, le PDG, Yvon Chouinard, un passionné de sport, vend du matériel d’escalade fabriqué dans son arrière-cour près de Los Angeles. C’est en 1965 qu’il s’associe et crée sa société à Ventura, en Californie. Rapidement, les associés sont confrontés à des questionnements d’ordre écologique.

Par exemple, ils se rendent compte que l’industrie du coton pollue autant que l’industrie du charbon. Ils s’engagent alors à remettre en question chaque matière utilisée, chaque processus de fabrication pour essayer d’aller toujours plus loin dans la réduction de l’impact écologique.

« Nous sommes tous des consommateurs capables de choisir ce qu’ils achètent et, ensemble, de changer le comportement des entreprises, et au final, des gouvernements ».

Il faut, selon Y. Chouinard, s’interroger sur notre consommation quotidienne. L’essentiel des biens marchands est superflu. Tout produit non durable : vêtements jetables, aliments issus de l’agriculture intensive, renferme des trésors pris à la nature que nous ne pouvons lui rendre.

« Nous devons produire moins, et tous nos produits doivent être de qualité durable pour mieux compenser leur coût social et environnemental. »

Nous utilisons aujourd’hui les ressources d’une planète et demie. Pourtant, nous n’en avons qu’une. Le constat très simple : rien de ce que nous fabriquons n’est neutre pour la planète. A moins de vendre des graines biologiques ou du fumier, toute activité a un impact négatif sur la nature. « Les ressources que nous avons prises aux forêts, aux cours d’eau, aux sols ne peuvent pas être remplacées plus vite que nous les épuisons. » Donc, avant chaque achat, il est indispensable de se poser la simple question : ce produit vaut-il le coup ? A-t-il un impact négatif sur la santé de ceux qui le porteront ? Sur celle de ceux qui l’ont confectionné ? Comment sont cultivées les matières premières ?

« 2/3 des déchets sont générés par les entreprises et non les ménages, c’est notre responsabilité en tant qu’entreprise de choisir des usines qui ont les mêmes préoccupations environnementales. »

Yvon Chouinard remet tout en question en ce qui concerne les produits fabriqués par sa société mais aussi les conditions de travail au sein de son entreprise et de celles de ses sous-traitants. Améliorer les conditions de travail, c’est : aménager les routes alentours pour les cyclistes, créer une crèche interne, une bonne cantine avec des aliments biologiques, nettoyer et garder propre la rivière d’à-côté, … Et bien sûr, il n’oublie pas d’évaluer la consommation d’énergie à l’intérieur de l’entreprise pour l’abaisser, maintenir une politique de réduction des déchets…

« Notre droit le plus important est celui d’être responsable »
Gérald Amos

La fin du livre propose une checklist avec des conseils très concrets qui s’adressent à des entreprises qui veulent devenir responsables.

Quand on sait qu’ « en 2025, aucun cours d’eau chinois ne rejoindra l’océan de toute l’année, ce qui dévastera les zones humides et décimera les populations d’oiseaux et les poissons », on aimerait qu’il existe plus d’entreprises comme Patagonia.

Après avoir lu ce livre, je suis encore plus convaincue que l’économie de demain c’est une économie verte et responsable. C’est là que sont les emplois du futur et aussi les espoirs !